Une nouvelle analyse citoyenne sur la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) a été rendue publique ce vendredi 12 décembre 2025. Le document, signé conjointement par Valet Chebujongo et Claude Michel, examine en profondeur la situation dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, marquées par l’avancée du mouvement rebelle M23 et par une instabilité persistante.
Dans cette analyse de plusieurs pages, les auteurs dressent un portrait détaillé des enjeux militaires, diplomatiques, sociaux et humanitaires, tout en soulignant les contradictions observées dans la réponse du gouvernement congolais face aux offensives rebelles.
Un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant
Selon les deux analystes, l’avancée continue du M23 et le recul progressif des FARDC dans plusieurs zones stratégiques traduisent « un affaiblissement structurel » de la capacité de l’État à protéger les populations civiles. Le document note également que les violations graves des droits humains, exécutions sommaires, violences sexuelles, déplacements massifs et taxation illégale continuent d’être signalées dans les zones sous contrôle rebelle.
Le rôle déterminant des acteurs citoyens et ecclésiastiques
L’analyse revient largement sur la contribution de la société civile, des mouvements citoyens tels que Lucha RDC et Filimbi, ainsi que des organisations ecclésiastiques dont la CENCO et l’ECC. Pour les auteurs, ces structures jouent un rôle central dans la documentation des abus, la sensibilisation de la population et le plaidoyer pour une réforme profonde du secteur de la défense.
Ils soulignent toutefois que l’action des organisations ecclésiastiques a parfois été perçue comme manquant de neutralité, une observation qui alimente le débat sur leur rôle dans la recherche de la paix.
Un questionnement sur les “replis stratégiques” des FARDC
L’un des points marquants du document est le questionnement posé sur la répétition des retraits des FARDC face aux offensives du M23. Chebujongo et Michel interrogent la chaîne de commandement militaire, les infiltrations possibles, la coordination entre services sécuritaires et la gestion interne des opérations.
Ils estiment que ces éléments doivent faire l’objet d’un examen national approfondi afin de comprendre les causes réelles de la faiblesse opérationnelle observée.
Conséquences sociales, économiques et environnementales
L’analyse met en lumière l’impact multidimensionnel de la crise :
Sur le plan social, les auteurs évoquent des centaines de milliers de déplacés internes, la fermeture des écoles et centres de santé, ainsi qu’une hausse inquiétante des violences basées sur le genre.
Sur le plan économique, ils dénoncent l’exploitation illégale des ressources naturelles par des groupes armés et la destruction des infrastructures essentielles.
Sur le plan environnemental, la déforestation accrue dans les aires protégées et la paralysie des mécanismes de conservation accentuent la vulnérabilité écologique de la région.
Des pistes de solutions pour sortir de l’impasse
Le document propose plusieurs pistes, regroupant les recommandations des mouvements citoyens, de la société civile, des organisations religieuses et d’autres experts :
- Audit de la chaîne de commandement militaire ;
- Mobilisation nationale inclusive ;
- Sanctions contre les officiers défaillants ;
- Dialogue interne pour renforcer la cohésion nationale ;
- Modernisation de l’armée et diplomatie plus proactive.
Les auteurs insistent sur la nécessité de replacer le citoyen au centre des réponses à la crise et d’adopter une stratégie sécuritaire modernisée, cohérente et centrée sur les besoins des populations affectées.
Un appel à une refonte urgente de la stratégie sécuritaire
Valet Chebujongo et Claude Michel estiment que la situation actuelle dans l’Est de la RDC révèle « un décalage profond entre les attentes des populations, les propositions des acteurs sociaux et les réponses gouvernementales ». Ils appellent à une refonte urgente de la stratégie nationale de sécurité et à une prise de responsabilité collective face aux défis persistants.
Vous ppouvez télécharger l’intégralité de l’analyse ci-dessous

Un dialogue social inclusif serai là vraie piste de solution en RDC. Toutes ces histoires ici n’ont pas d’impact positif pour la paix de mon pays.
Les autres rebellions viendront si les dirigeants ne tirent pas attention suite à la jeunesse abandonnée.