Plus d’une année après l’installation de la nouvelle législature, une partie importante de la population de Kalehe exprime son insatisfaction face au bilan de ses quatre députés nationaux. Beaucoup jugent leur action parlementaire faible, voire insignifiante.
Selon les données disponibles au 5 septembre 2025, le député Amédée Ndatabaye Kajibwami n’est intervenu que deux fois à l’Assemblée nationale, sans aucune proposition de loi ni action de contrôle parlementaire. Son collègue Didier Kitumayini Ndebirira compte également deux interventions, assorties de deux moyens de contrôle et d’information. De son côté, Vital Muhini Banywesize, pourtant meilleur élu de Kalehe en 2018 et 2023, totalise depuis 2019 cent quatre interventions, mais sans initiative législative ni moyen de contrôle. Quant à Jean-Pierre Mirindi Basheka Namusihe, élu en promettant de « corriger les erreurs du passé », il n’a pris la parole que quatre fois, sans proposer de loi ni initier de contrôle parlementaire.
S’ils avaient été élus par la population pour agir en son nom, cela se verrait dans leurs résultats. Or, ils sont bien à Kinshasa mais ne rendent aucun compte aux habitants de Kalehe. Leurs actions parlent d’elles-mêmes, estime Daniel Mushonga, acteur influent de la société civile locale et animateur communautaire.
Face à ce bilan jugé décevant, plusieurs électeurs expriment leur indignation et appellent à un renouvellement de la représentation nationale. Certains citent notamment des jeunes figures locales telles qu’Amani Chirambo Kabishula ou encore l’entrepreneur et humanitaire Shagali Bisonga Justin, surnommé « Traoré » par la jeunesse en référence à ses actions communautaires et à ses initiatives en faveur de l’emploi.
Sur les réseaux sociaux, le défenseur des droits humains Valet Chebujongo rappelle que
L’ancienne députée nationale de Kalehe, Adolphine Muley, avait à elle seule plus d’initiatives parlementaires que les quatre actuels réunis ». Il n’hésite pas à qualifier ces derniers de « députés protocolaires.
Pour certains observateurs, la situation traduit surtout la difficulté de ces élus, décrits comme prisonniers de la plateforme politique Union sacrée de la Nation, à trouver une place claire dans l’arène nationale
Ni parmi les dix figures politiques majeures du camp présidentiel, ni dans l’opposition radicale.
Au sein de la jeunesse, le nom de Justin Bisonga revient régulièrement et semble bénéficier d’un soutien solide parmi une frange influente de Kalehe. Sur le plan politique, Amani Chirambo dispose également d’appuis, mais surtout en dehors de l’électorat jeune de moins de trente ans.
En attendant les prochaines échéances électorales, les électeurs disent rester attentifs. Beaucoup affirment vouloir juger leurs représentants sur leurs actes concrets, convaincus que « les jours qui passent ne reviennent plus ».
Reste à savoir si, face à ce désaveu grandissant, les députés de Kalehe sauront redresser la barre pour répondre enfin aux attentes de leurs électeurs, ou s’ils laisseront la place à une nouvelle génération prête à transformer les promesses en actions.

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