Le 4 mai 2023, la localité de Bushushu, dans le territoire de Kalehe, a été frappée par une catastrophe naturelle qui a causé de lourdes pertes humaines et matérielles, plongeant toute la République démocratique du Congo dans le deuil.

Dans la foulée, des organisations étatiques, non étatiques, des humanitaires et des personnalités politiques s’étaient mobilisés pour venir en aide aux sinistrés. Quelques mois plus tard, l’honorable Vital Muhini était arrivé à Kalehe en compagnie d’une délégation d’humanitaires allemands dirigée par M. Dieter Brandes. Devant une population encore marquée par le drame, il annonçait qu’une somme de 500.000 euros avait été collectée pour soutenir les victimes. Réunis autour du chef de village et de la société civile locale, les habitants avaient exprimé leur satisfaction, proposant d’affecter ce fonds à la construction d’une école et au reboisement d’une zone régulièrement touchée par les catastrophes.

Mais, comme le dit l’adage, « les malheurs des uns font souvent le bonheur des autres ». Quelques mois plus tard, des voix discordantes commencent à s’élever. Des jeunes indignés pointent du doigt l’honorable Muhini et réclament des explications. Dans une lettre adressée au chef du village du 10 juin 2025, ce dernier affirme n’avoir jamais manipulé directement cette somme, expliquant qu’elle avait été confiée à deux organisations humanitaires dont il n’a pas cité les noms. Une réponse qui a semé le doute et alimenté la confusion.

Très vite, les ONG TPO et Diakonisches Werk Württemberg sont mentionnées par certains acteurs locaux. Pourtant, dans leurs réponses écrites aux sollicitations, elles assurent n’avoir jamais été impliquées dans la gestion de ce fonds. Les interrogations s’amplifient : les 500.000 euros ont-ils réellement existé ? Si oui, qui les a reçus et comment ont-ils été utilisés ?

Aujourd’hui, personne ne revendique la responsabilité. Les victimes, fatiguées et désabusées, n’osent plus poser de questions. Les autorités locales, quant à elles, donnent des versions variables selon leurs interlocuteurs. Pendant ce temps, les véritables bénéficiaires éventuels se gardent bien de s’exposer, se contentant d’observer le débat qui se mène dans l’opinion publique et sur les réseaux sociaux.

Face à ce silence et à ces contradictions, les observateurs s’interrogent : l’honorable Muhini a-t-il refusé de citer les noms des ONG par souci d’apaisement, par prudence, ou par complicité ? L’ombre du doute continue de planer sur Kalehe.

La vérité finira par éclater. Car l’histoire, elle, n’absoudra jamais ceux qui auront choisi d’enrichir leurs poches sur les cadavres de Bushushu. Les victimes, les familles endeuillées et les générations futures méritent de savoir qui a trahi la mémoire des disparus et détourné l’espoir d’un peuple meurtri.

La société civile du territoire de Kalehe affirme mener des actions citoyennes pour faire la lumière sur ce dossier. Mais à ce jour, aucune réponse claire n’a été donnée, et la question reste entière : qu’est-il réellement advenu des 500.000 euros annoncés pour les victimes de Bushushu ?

Les enquêtes se poursuivent et la vérité sera connue.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *