Depuis la soirée du 28 décembre 2025, la famille biologique et professionnelle du journaliste Honneur-David Safari est sans nouvelles de lui. Selon des informations concordantes recueillies auprès de plusieurs sources, le journaliste aurait été enlevé et serait détenu dans un lieu tenu secret. Ces mêmes sources évoquent une implication présumée des services de renseignements de la rébellion du M23, une information qui, à ce stade, n’a pas fait l’objet d’une confirmation officielle.
Dans les heures qui ont suivi sa disparition, de nombreuses réactions ont été enregistrées à Bukavu et ailleurs. Des organisations de défense des droits humains, des mouvements citoyens ainsi que des acteurs de la société civile ont appelé à la libération immédiate du journaliste ou, à défaut, à ce que sa famille soit informée du lieu de sa détention et des motifs de celle-ci, conformément aux garanties légales en vigueur.

Par ailleurs, dans les zones sous contrôle de la rébellion du M23, plusieurs journalistes, médias et acteurs de la société civile rapportent vivre dans un climat de peur et d’insécurité permanente. Certains font état de menaces répétées, tandis que d’autres auraient été contraints de se cacher ou de vivre dans la clandestinité depuis plus de douze mois, afin d’échapper à d’éventuelles représailles liées à l’exercice de leurs activités professionnelles ou citoyennes.
L’IPDHOR, PPI, la LUCHA section de Bukavu et la Société civile – Forces vives du Sud-Kivu ont, dans des prises de position distinctes, dénoncé ce qu’ils considèrent comme des atteintes graves à la liberté de la presse et au droit à l’information. Selon ces organisations, de tels actes contribueraient à restreindre l’espace civique et à instaurer un climat de crainte au sein de la population civile.
Sur le plan juridique, le droit international humanitaire, notamment l’article 79 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1949, reconnaît aux journalistes exerçant des missions professionnelles dans les zones de conflit armé le statut de civils, lesquels doivent être respectés et protégés en toutes circonstances. De même, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) garantit la liberté d’expression et le droit à l’information, y compris en période de conflit. Toute privation de liberté doit être fondée sur la loi, notifiée à la famille et assortie de garanties judiciaires minimales.

Dans ce contexte, le monde des médias, tant au niveau local que national, appelle à la libération du journaliste Honneur-David Safari et au respect des normes nationales et internationales relatives à la protection des professionnels de l’information.
Face à la disparition du journaliste Honneur-David Safari, il apparaît essentiel que toutes les parties au conflit respectent scrupuleusement les obligations découlant du droit international humanitaire et des instruments internationaux relatifs aux droits humains. La protection des journalistes, des médias et des défenseurs des droits humains constitue une exigence légale et non négociable, y compris en période de guerre. La clarification rapide de cette situation, dans le strict respect de la loi, demeure indispensable pour préserver la liberté de la presse, le droit du public à l’information et la protection des civils dans un contexte de conflit armé.
