Deux semaines après la rentrée scolaire 2025-2026 en République démocratique du Congo, les activités éducatives n’ont toujours pas repris dans le groupement de Kamisimbi, en territoire de Walungu. L’information a été confirmée par un membre de la société civile locale, qui a requis l’anonymat.
Selon cette source, les quelques écoles qui avaient tenté de rouvrir ont rapidement suspendu les cours après des menaces proférées par des hommes armés se présentant comme des « Wazalendo ». Ces derniers auraient exigé des enseignants et des élèves de regagner leurs domiciles, estimant que la situation n’était pas propice à l’enseignement.
À cette insécurité s’ajoute la précarité persistante des familles, dont beaucoup demeurent déplacées à la suite des affrontements entre les Forces armées de la RDC, leurs alliés, et le mouvement rebelle du 23 mars (M23). N’ayant pas encore retrouvé de stabilité, nombre d’entre elles peinent à couvrir les frais scolaires de leurs enfants.
Le climat d’incertitude sécuritaire pousse également de nombreux parents à garder leurs enfants à la maison plutôt que de les exposer à d’éventuels dangers. La société civile plaide ainsi pour la fin des hostilités dans le groupement de Kamisimbi comme partout ailleurs, condition jugée essentielle pour favoriser le retour des familles déplacées et permettre une reprise sereine des cours.
La situation varie cependant selon les territoires. A Kalehe, les enfants poursuivent leurs études dans des conditions précaires. A Rutshuru, dans le Nord-Kivu, certains syndicats d’enseignants menacent de déclencher une grève si le gouvernement congolais ne s’acquitte pas du paiement de leurs arriérés de primes. A Idjwi, plusieurs enfants se sont présentés à l’école sans fournitures scolaires, compliquant leur rentrée.
Par ailleurs, la fermeture des banques, des entreprises publiques et privées ainsi que des maisons de télécommunication, décidée par le gouvernement et accentuée par les craintes sécuritaires du personnel, a plongé de nombreux parents dans le chômage. Cette situation aggrave encore davantage les difficultés liées à la rentrée scolaire.
