Depuis la résurgence du mouvement rebelle du 23 Mars (M23) et l’occupation prolongée de plusieurs localités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les médias communautaires font face à une crise sans précédent. Plusieurs stations locales, notamment en zones rurales, ont suspendu leurs activités. D’autres sont contraintes de fonctionner sous contrôle ou influence des groupes armés.
Cette situation a pour conséquence directe la rupture de l’accès à l’information pour des milliers de citoyens. Les communautés concernées sont aujourd’hui privées de programmes essentiels : bulletins d’information, débats publics, émissions éducatives, politiques, économiques, sociales et environnementales.
Par ailleurs, de nombreux journalistes ont été menacés ou pris pour cible, certains contraints à l’exil pour échapper à l’insécurité. Dans un contexte où l’information indépendante est cruciale pour prévenir les manipulations, renforcer la cohésion sociale et soutenir les efforts de paix, cette disparition progressive des médias ruraux constitue un véritable danger.
À ce jour, aucune mesure concrète n’a été prise par le gouvernement congolais pour soutenir ou protéger ces organes de presse, pourtant essentiels au tissu social local. Ce vide interpelle également les partenaires techniques et financiers, les organisations de défense de la liberté de la presse et les agences des Nations Unies.
Un appui d’urgence, tant matériel qu’institutionnel, est nécessaire pour assurer la continuité de l’information dans ces zones sensibles. Le rôle des médias communautaires dans la résilience des populations rurales, dans la lutte contre la désinformation et pour la promotion de la démocratie ne saurait être ignoré.
