À Kalehe, au Sud-Kivu, dans les parcelles expérimentales de l’Institut Supérieur des Techniques de Développement (ISTD)/Kalehe, une initiative novatrice est en cours. Deux jeunes agronomes, Fanuel Muhindo et Murhula Kanyena Charmant, mènent un essai sur l’efficacité des biopesticides végétaux in situ, dans le but de protéger la culture de la tomate contre les ennemis des cultures, dans un contexte agroécologique propre à la région.
Pour ces deux entrepreneurs agricoles, l’agronomie ne doit pas se limiter à la production agricole classique. Elle doit s’étendre à la promotion de nouveaux itinéraires techniques, capables d’améliorer la productivité tout en préservant l’environnement. C’est cette vision qui les pousse à expérimenter des solutions alternatives, naturelles et accessibles, pour répondre aux défis quotidiens rencontrés par les cultivateurs de tomates.
Dans une région où les intrants chimiques sont coûteux, parfois inefficaces, et souvent nuisibles pour les sols et la santé, le recours aux biopesticides représente un tournant majeur. Fanuel et Charmant veulent démontrer qu’il est possible de produire plus et mieux, à partir de ressources locales et dans le respect des équilibres écologiques.
Les résultats de leur essai sont attendus avec intérêt, non seulement par la communauté agricole locale, mais aussi par plusieurs enseignants et partenaires techniques de l’ISTD. Car au-delà de l’expérience scientifique, c’est tout un modèle agricole innovant qui est en train de germer : celui d’une agriculture jeune, responsable, rentable et tournée vers l’avenir.
