Au Sud-Kivu, le commerce du makala (braises) connaît une expansion remarquable, porté par une demande énergétique croissante dans les centres urbains et périurbains. Toutefois, cette dynamique économique s’accompagne d’une dégradation préoccupante de l’environnement, dont la principale victime reste le Parc national de Kahuzi-Biega.
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Classé patrimoine mondial, ce parc fait face à une exploitation abusive de ses ressources naturelles. Des coupes illégales de bois y sont signalées de manière récurrente, alimentant la production de charbon de bois destiné aux marchés locaux. Une situation qui, selon plusieurs acteurs de la société civile, s’est aggravée ces dernières années.
D’après Justin Murhula, la situation est aujourd’hui « alarmante ». Il alerte sur une déforestation accélérée au sein du parc, mettant en péril non seulement la biodiversité, mais aussi l’équilibre écologique de toute la région. « Le parc est devenu la principale source d’approvisionnement pour le makala, au détriment de sa conservation », dénonce-t-il.
Cette pression accrue sur le Parc national de Kahuzi-Biega s’inscrit également dans un contexte sécuritaire fragile. Depuis la résurgence de la rébellion du M23, plusieurs zones échappent au contrôle effectif des autorités, favorisant ainsi l’exploitation illégale des ressources naturelles, notamment le bois, les forêts et d’autres matières premières.
Dans ce contexte, IPDHOR tire la sonnette d’alarme. L’organisation dénonce une exploitation illégale à grande échelle du parc et appelle à une mobilisation urgente de la communauté nationale et internationale. Elle souligne que l’absence de contrôle et l’insécurité persistante contribuent à l’intensification de ces pratiques destructrices.
Face à cette situation, plusieurs solutions sont avancées par les experts et acteurs environnementaux. Parmi elles figurent la promotion d’énergies alternatives accessibles, telles que le gaz domestique ou les foyers améliorés, la restauration de l’autorité de l’État dans les zones affectées, ainsi que le renforcement des mécanismes de protection et de surveillance du parc.
Cependant, ces mesures peinent à produire des résultats concrets sans un engagement politique fort et une coordination efficace entre les autorités, les organisations locales et les partenaires internationaux.
Alors que le commerce du makala continue de prospérer, les appels à la protection du Parc national de Kahuzi-Biega se multiplient. Pour de nombreux observateurs, il devient urgent d’agir afin de préserver ce patrimoine naturel unique, aujourd’hui gravement menacé.
