Deux agents affectés au Centre Hospitalier de Kasheke, situé dans le territoire de Kalehe, chefferie de Buhavu, groupement de Mbinga-Sud, village de Kasheke, ont été mis à la disposition de la Zone de Santé de Kalehe par le gestionnaire de cette structure sanitaire.
Dans une lettre datée du 6 février 2026, ils ont saisi le chef de la division provinciale de la santé du Sud-Kivu pour exprimer leur indignation au sujet de leur suspension et des griefs portés à leur charge. Dans cette correspondance, ils rejettent également, de manière catégorique, les reproches contenus dans le rapport de la réunion conjointe d’enquête sur la persistance du conflit au sein du centre hospitalier de Kasheke, tenue les 21 et 22 janvier 2026 par le Département des œuvres médicales de la 55ème Communauté des Églises Baptistes du Congo-Est (CEBCE)
Dans leur lettre d’indignation, ils affirment que cette décision du département des œuvres médicales de la 55ᵉ Communauté des Églises Baptistes du Congo-Est constitue, selon eux, une violation de l’article 13 de la Constitution, ainsi que de l’article 65, chapitre 8, relatif au régime disciplinaire de la loi n°16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents des carrières des services publics de l’État.
Selon le document consulté, rédigé par le département des œuvres médicales de la 55ᵉ Communauté des Églises Baptistes du Congo-Est, le médecin directeur est accusé notamment de pratiques jugées inappropriées dans la structure, d’ivresse publique, d’exposition de nudité devant des malades, de malversations financières, d’esprit divisionniste, d’insubordination à la hiérarchie ecclésiastique et de manque de transparence dans la gestion des fonds. L’administrateur gestionnaire est, pour sa part, accusé de faux et usage de faux en écriture, d’utilisation d’un logiciel parallèle pour la gestion des fonds des partenaires et de la paie des agents, ainsi que de la création de trois caisses parallèles au sein de la structure. Le directeur de nursing est accusé d’incompétence dans ses fonctions et d’instigation de conflits entre agents. À ce stade, ces éléments relèvent des accusations consignées dans le rapport d’enquête.
Les différentes autorités mises en copie de la lettre d’indignation n’ont pas encore réagi officiellement. Au sein de la communauté, les avis divergent quant à la décision prise par le gestionnaire de la structure sanitaire.
À Kasheke, des soutiens se mobilisent dans chaque camp pour appuyer ou dénoncer la mesure. Pendant ce temps, les malades continuent d’attendre des soins appropriés.
La poursuite de la collaboration des partenaires étatiques, non étatiques, volontaires et humanitaires avec cette structure reste une question posée par plusieurs observateurs. Dans l’attente d’éclaircissements, des voix appellent les deux parties à la responsabilité, au respect des procédures et à un dialogue constructif afin de privilégier la continuité des soins et la stabilité de l’établissement.
La rédaction
