Dans la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo, les voix de la jeunesse et de la société civile s’élèvent une fois de plus pour dénoncer l’injustice économique mondiale et réclamer une transformation profonde du système qui maintient leurs communautés dans la précarité. À travers les organisations Kimafest (Kipaji na Mazingira Festival) et Tuma RDC (Tumaini la Maisha RDC), les habitants participent activement à la campagne internationale « Stop the harm! Cancel the debt! Reparations and just transition now! », qui plaide pour l’arrêt des torts, l’annulation des dettes, des réparations et une transition juste.

Dans une région longtemps meurtrie par les conflits armés, les inégalités et la pauvreté, les populations de Beni dénoncent un modèle économique mondial où les grandes puissances continuent de tirer profit des ressources minières et forestières du pays, tandis que la population locale vit encore sans infrastructures adéquates, sans emploi stable et avec un accès limité à l’éducation, à l’électricité et aux soins de santé.
Alors que les grandes puissances profitent de nos ressources, notre peuple continue de vivre dans la précarité, déplore Kabambi Jireh, l’un des organisateurs du mouvement.
Pour ces acteurs locaux, la dette extérieure de la RDC constitue un fardeau qui empêche tout véritable développement. Chaque dollar versé au remboursement de cette dette représente, selon eux, une école qui ne se construit pas, un centre de santé qui ne s’équipe pas ou un jeune qui reste sans emploi. Ils exigent donc l’annulation totale de ce qu’ils qualifient de dette injuste, afin de permettre au pays d’investir dans la reconstruction et le bien-être de sa population.

Au-delà de la dette, les militants plaident également pour des réparations économiques et environnementales. Ils estiment que les puissances étrangères et les multinationales doivent rendre des comptes pour les décennies d’exploitation, de pillage et de dégradation écologique dont la région a été victime. Les habitants de Beni, souvent pris entre guerre et misère, demandent justice et dignité pour les torts subis.
Les organisations locales insistent enfin sur la nécessité d’une transition énergétique juste et équitable. Si la RDC veut s’engager sur la voie d’une économie verte, cela ne doit pas se faire au détriment des communautés locales. Cette transition, affirment-elles, doit favoriser la création d’emplois décents, la protection des écosystèmes du Nord-Kivu et l’accès à une énergie propre pour toutes les familles.

Dans le même esprit, elles rejettent les politiques d’austérité imposées par certaines institutions financières internationales. Pour elles, l’argent du peuple doit avant tout servir à renforcer les services publics essentiels : la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire et les programmes d’emploi pour les jeunes.
À travers cette mobilisation, les habitants de Beni rappellent que la justice économique mondiale ne peut être atteinte sans écouter les peuples qui en subissent les conséquences. Leur message résonne comme un appel à la conscience collective : l’Afrique n’a pas besoin de charité, mais de justice et de réparation.
