La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) de la République Démocratique du Congo a annoncé, dans son communiqué de presse n° 004/CNDH/007/CAB-RAP/03/2025 du 10 août 2025, le lancement du processus d’identification des défenseurs des droits humains (DDH).

Si cette initiative visait à mieux encadrer l’action des DDH, elle a rapidement suscité des réactions contrastées. Plusieurs organisations de la société civile, tant nationales qu’internationales, y voient une violation des lois congolaises et des engagements internationaux auxquels la RDC a souscrit.

Dans une note adressée à la CNDH, elles rappellent que la loi n° 23/027 du 15 juin 2023, relative à la protection et à la responsabilité du défenseur des droits humains, exige une interprétation conforme à l’esprit du législateur. Selon elles, cela implique de privilégier une approche participative, capable d’assurer objectivité et transparence dans la mise en œuvre du processus.
Pour l’instant, la CNDH n’a pas encore apporté de réponse officielle à ces préoccupations. Les signataires de la note se disent toutefois disposés à accompagner l’institution dans toute démarche visant à renforcer la protection des DDH, conformément aux standards internationaux et à la Déclaration universelle des droits de l’Homme.
En toile de fond, les difficultés de fonctionnement de la CNDH persistent. Faute de moyens financiers suffisants, l’institution peine encore à s’implanter pleinement dans plusieurs provinces et territoires du pays, ce qui limite son efficacité et fragilise son rôle de garant des droits humains en RDC.
Dans ce contexte, il apparaît essentiel que la CNDH organise une réunion d’harmonisation avec l’ensemble des parties prenantes. Une telle initiative permettrait de clarifier le processus, de lever les incompréhensions et de bâtir une relation de confiance avec les défenseurs des droits humains, tout en renforçant sa légitimité et son indépendance.
Par vValet Chebujongo
