A une semaine de la date butoir du 1er octobre, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda sont appelés à franchir une étape décisive dans le cadre du processus de Doha. L’accord conclu prévoit deux engagements majeurs : la neutralisation des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) par Kinshasa et la levée des mesures dites « défensives » par Kigali.
Pour Clovis Kadda, analyste en Réforme du Secteur de Sécurité « RSS » et expert en Désarmement, Démobilisation et Réinsertion « DDR », l’enjeu n’est plus dans les textes, mais dans la mise en œuvre.
Qui va faire le premier pas ? Qui doit commencer ? Faut-il y aller simultanément ? Voilà qu’on se retrouve face au dilemme de l’œuf et la poule, observe-t-il.
Si l’accord fixe des obligations, il reste silencieux sur le suivi. « C’est là une des faiblesses, mieux limites, de l’accord tant vanté de Doha qui, à l’instar de celui de Washington, n’a pas prévu des dispositions contraignantes ni un arbitre pour veiller au strict respect des règles », analyse M. Kadda. Selon lui, cette lacune pourrait conduire à une échéance franchie « sans qu’aucune des deux parties ne bouge ».
La compréhension même de la notion de « neutralisation des FDLR » demeure un autre point sensible. « Le Rwanda ne donne pas la même lecture que la RDC de cette notion, pourtant acceptée volontairement dans l’accord », souligne l’expert. Cette divergence complique la perspective d’une mise en œuvre harmonieuse.Dans le même temps, des acteurs de la société civile et certains responsables politiques s’interrogent : « Comment le gouvernement congolais et son voisin pourront-ils neutraliser les présumés FDLR qui se trouvent dans des zones sous occupation du M23 ? La rébellion acceptera-t-elle la présence de Kinshasa dans ces zones ? » s’interrogent plusieurs observateurs.
Pendant que les questions s’accumulent, la population congolaise demeure en retrait, parfois résignée.
Le peuple observe, quasiment impuissant, et conscient que le temps ne joue pas en sa faveur, avertit Clovis Kadda.
À l’approche de l’échéance, le processus de Doha reste suspendu à la volonté politique des deux capitales de poser des gestes concrets. Faute de quoi, une nouvelle série de discussions pourrait être relancée, au risque de prolonger une crise qui continue de peser lourdement sur les populations de l’Est congolais.
