La jeunesse du territoire et du groupement de Kalonge s’est dite indignée face à la détention illégale d’agents de l’organisation humanitaire Norwegian Church Aid (NCA) et à la rétention de leur véhicule par le Chef de Poste secondaire de l’agence Nationale des Renseignements (ANR) de Kalonge, dans la chefferie de Buhavu depuis le lundi 22 septembre 2025 à 18h00.

Selon des sources locales, ces arrestations seraient motivées par le fait que ces humanitaires interviennent dans une zone sous occupation du M23, une présence considérée comme sensible par ce service des renseignements.
Dans un message signé par Yves Heri Bitakuya, secrétaire adjoint du Collectif Territorial de la Jeunesse (CTJ) de Kalehe, les jeunes rappellent que NCA travaille depuis de longues années à Kalonge et qu’elle a toujours été un partenaire essentiel dans l’assistance aux populations locales, bien avant même l’éclatement du conflit.
Il est incompréhensible et inacceptable que ceux qui devraient être protégés se retrouvent arrêtés et maltraités par ceux-là mêmes qui sont censés garantir la sécurité et le bon fonctionnement de l’entité, souligne le document.
La jeunesse exige la libération immédiate et sans condition des agents de NCA ainsi que la restitution de leur véhicule. Elle appelle les autorités administratives, militaires et policières à assumer pleinement leur responsabilité de protection des humanitaires.

De son côté, le mouvement citoyen LUCHA/RDC section de Kalehe a également dénoncé ces actes, les qualifiant de violations graves des principes contenus dans les conventions de Genève et DUDH, à laquelle la République Démocratique du Congo est pourtant soumise. Selon la LUCHA, de telles pratiques violent non seulement les droits humains, mais mettent aussi en péril l’assistance aux populations vulnérables.
Un militant du mouvement, qui a requis l’anonymat, s’interroge :
Pour se faire de l’argent, certains agents de l’Agence nationale de renseignements et de la Direction générale de migration arrêtent souvent des personnes qui viennent à Goma ou à Bukavu, c’est comme si, la rébellion est dans ces zones par invitation de ces pauvres habitants. S’ils étaient réellement fautifs ou complices, pourquoi les garder dans un cachot à Kalonge au lieu de les transférer devant leur juge naturel ?
La jeunesse de Kalonge et les mouvements citoyens insistent sur la nécessité d’une implication urgente des autorités locales et provinciales afin de mettre un terme à ce qu’ils considèrent comme des abus contraires aux obligations nationales et internationales de la RDC.
Cette situation, qui met en cause la protection des acteurs humanitaires dans une région déjà fragilisée par les conflits armés, suscite de vives inquiétudes et relance le débat sur la responsabilité des autorités locales et nationales face au respect des engagements internationaux, notamment ceux de la Déclaration de Vienne.
En attendant une issue rapide, les habitants de Kalonge et leurs représentants appellent à la solidarité de toutes les forces vives, des autorités provinciales et nationales, ainsi que de la communauté internationale, afin de garantir la sécurité des humanitaires et la continuité de leur mission auprès des populations les plus vulnérables.
