Dans l’aire de santé d’ABEKA, au bord du lac Tanganyika, les habitants vivent depuis près de deux ans un véritable calvaire. Leur unique centre de santé, jadis pilier de la zone, a été totalement détruit en 2023 par la montée des eaux du lac. Aujourd’hui, cette communauté de plus de 10 000 habitants se retrouve sans infrastructure médicale digne de ce nom.
Depuis la destruction du bâtiment, nous recevons les patients dans des conditions extrêmement précaires. Les médicaments sont difficilement conservés, les accouchements se déroulent parfois à même le sol et les urgences ne peuvent plus être correctement prises en charge, confie un infirmier de la structure, visiblement désemparé.
Une crise sanitaire silencieuse
Le centre de santé ABEKA desservait une population estimée à 10 499 personnes, selon les données de la zone de santé de Nundu. La disparition de son infrastructure n’a pas seulement détruit des murs : elle a brisé l’espoir d’une communauté déjà fragilisée par l’isolement géographique et la pauvreté.
Aujourd’hui, il faut parcourir de longues distances pour trouver un centre encore fonctionnel. Mais tout le monde n’a pas les moyens d’y arriver. Les malades graves meurent parfois faute de soins rapides, témoigne une habitante rencontrée sur place.
L’appel pressant d’AFPDE
Face à cette situation, l’ONG humanitaire AFPDE (Association des Femmes pour la Promotion et le Développement Endogène) tire la sonnette d’alarme. Elle alerte sur le risque d’effondrement total du système local de santé si rien n’est fait dans l’urgence.
Dans son message, l’organisation appelle les partenaires humanitaires ainsi que les autorités congolaises à se mobiliser pour reconstruire le centre, équiper le personnel soignant et garantir un accès minimal aux soins primaires pour la population.
Un avenir incertain
En attendant un éventuel appui, les habitants d’ABEKA continuent de s’accrocher à ce qui reste de leur centre de santé, symbole de résilience mais aussi de détresse.
« Nous ne demandons pas le luxe, simplement un lieu sûr pour soigner nos enfants et nos familles », souffle une mère de famille, tenant son nourrisson malade dans les bras.
Une urgence qui dépasse ABEKA
La montée des eaux du lac Tanganyika ne menace pas seulement ABEKA : d’autres villages riverains du Sud-Kivu subissent déjà ses ravages. Mais ici, la santé publique est directement en jeu. Faute d’intervention rapide, une crise humanitaire silencieuse risque de se transformer en véritable catastrophe sanitaire.
Par vValet Chebujongo,
