Une menace croissante sur le lac Kivu

L’environnementaliste Dévot Magadju, membre de la Société civile environnementale et agrorurale du Congo (Socearuco), dénonce la dégradation alarmante des écosystèmes du lac Kivu. Selon lui, la résurgence du mouvement rebelle du 23 Mars a favorisé une recrudescence de la pêche illicite, pratiquée en toute impunité. La capture massive d’alevins et l’usage de filets prohibés se sont multipliés, mettant en péril la survie même des ressources halieutiques.

Des pratiques assimilées à un crime environnemental

Dans les frayères, lieux de reproduction essentiels, la pêche se poursuit sans aucune considération pour les lois en vigueur.

Ces pratiques relèvent d’un véritable crime environnemental, accuse Dévot Magadju, qui déplore l’absence de contrôle et de sanctions.

Selon lui, si rien n’est fait, Kalehe court droit vers un désastre écologique et alimentaire.

Une pression démographique inquiétante

Alors que les poissons ne se reproduisent plus au même rythme qu’ils sont capturés, la population riveraine de Kalehe connaît une croissance démographique rapide. Cette pression accrue, combinée à la destruction incontrôlée des réserves naturelles, laisse présager un drame imminent en matière de sécurité alimentaire. Des cas de malnutrition sont déjà recensés dans la zone de santé de Kalehe, certains suivis par des structures médicales, d’autres totalement abandonnés.

Des facteurs aggravants multiplesAu-delà de la surexploitation des ressources, la guerre a profondément fragilisé l’équilibre socio-économique des communautés locales. À cela s’ajoute la situation dramatique des sinistrés de la catastrophe de Bushushu, toujours en quête de survie dans une précarité extrême. Ces facteurs combinés accentuent la vulnérabilité des habitants face à l’insécurité alimentaire.

Un appel à l’action urgente

Face à ce tableau sombre, l’environnementaliste interpelle les autorités congolaises, mais aussi l’ensemble des acteurs engagés dans la protection de l’environnement.

Il est urgent de mettre fin à l’impunité, de renforcer les mécanismes de surveillance et de sensibiliser les communautés , plaide-t-il.

À défaut de mesures rapides et efficaces, avertit-il, Kalehe risque de subir une catastrophe aux conséquences irréversibles.

Par Valet Chebujongo,

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